Comment réussir la transition énergétique dans un monde fragmenté et de chocs à répétition ? Début 2022, The Shift Project, le groupe de réflexion présidé par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, publiait un Plan de transformation de l’économie française. Son objectif : mettre le pays sur la voie d’une sortie des énergies fossiles, en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre de 5 % par an. Les hypothèses supposaient un contexte stable et prévisible.
Quatre ans plus tard, la baisse des rejets carbonés a fortement ralenti en France (− 1,5 % entre 2024 et 2025). Le climat a été relégué au second plan, malgré l’aggravation du dérèglement climatique. Et une crise énergétique d’ampleur inédite, provoquée par la guerre au Moyen-Orient, fait flamber les prix du pétrole et du gaz, et bouleverse les approvisionnements. The Shift Project propose, dans ce contexte d’incertitudes, un nouveau plan, baptisé « Plan robuste pour l’économie française », dont le premier volet est publié mardi 14 avril, la version complète étant attendue en octobre.
Le cercle de réflexion affirme que la France peut encore atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, malgré les retards accumulés, à condition d’agir sur l’ensemble des leviers en même temps. Elle doit ainsi à la fois électrifier massivement les usages et les équipements, augmenter fortement la production d’électricité bas carbone, maîtriser la consommation globale d’énergie et préserver les puits naturels de carbone, tels que les forêts qui dépérissent. Ces grandes orientations sont également affirmées par le gouvernement dans la stratégie nationale bas carbone, qui doit être publiée prochainement, et dans la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie.
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